Week-end Alpi - 8 et 9 avril 2017

J1 - Couloirs des Hount secs

C'est entendu, il faudra se lever tôt ! En ces temps printaniers, l'iso 0°C se plaît à 3000 mètres et n'entend pas s'abaisser de sitôt, la lune grossit chaque jour et éclaire les faces enneigées en altitude.

Notre petit groupe intergénérationnel de 5 alpinistes (J-Luc, Kitterie, J-Baptiste, David et Olivier) se dit alors qu'un petit séjour dans le cirque d'Espingo tout près de chez soi semble tout naturel. Départ 4h30 : affaire entendue !

Et nous voici en marche, frontales vissées sur le front pour entamer la montée au refuge et retrouver deux skieurs fort sympathiques rencontrés la veille par Olivier à qui, en échange d'un bon thé à notre arrivée matinale, nous livrerons une paire de précieux bâtons de ski pour parcourir les sommets alentours.Nous voilà déjà "en montagne" et "en bonne compagnie", nous disons-nous ce matin au soleil levant.

Sitôt le thé avalé et notre paquetage déballé dans l'un des trois bas flancs du refuge d'hiver (15 couchages confortables avec des couvertures et des oreillers s'il vous plait !), il est temps de se mettre en route pour les jolis couloirs des Hount Secs (2698 m), un petit sommet surprenant, directement à l'est du refuge. Deux couloirs sont parcourus (grâce aux informations glanées chez JP Pujolle, toujours excellent défricheur d'itinéraires montagnards) nous permettant de prendre contact avec les conditions de neige et de glace de ces faces ouest sur lesquelles nous avons une idée en tête pour le lendemain : le fameux couloir des avalanches au Quayrat... qui serait, selon les descriptions fort succinctes et peu nombreuses, une belle et unique façon de remonter la grande pyramide de roc en hiver.

Pour parfaire notre préparation technique, JB a pendant l’ascension du couloir de gauche repéré une belle petite goulotte adjacente en glace que nous rejoignons par un couloir de descente fort esthétique. JLuc, notre patron, se lance et nous voilà tout cinq à maniper dans un terrain haute montagne ! A peine sortis de là qu'il est déjà l'heure de déjeuner, ce qui étant donné les températures printanières veut aussi dire un retour rapide dans la neige transformée vers notre terrasse préférée au-dessus du lac d'Espingo.

Un peu endoloris par une matinée bien remplie et quelques 1600 mètres avec popote, cordes et ferraille sur le dos, une sieste s'impose suivie, sous les cumulus qui grossissent, d'un bon dîner en terrasse (on prend ses habitudes...). Un sommeil réparateur dans le refuge qui affiche maintenant complet avec l'arrivée d'un groupe de CAFistes fera l'affaire.

Demain, grande bambée en prévision si l'on sort au sommet.

J2 - Couloir des avalanches du Quayrat

Aujourd'hui, grande bambée en prévision si l'on sort au sommet. Donc lever à 4h qui se révèleront être… 3h car le patron n'a toujours pas passer son réveil à l'heure d'été ! Bon, puisque nous sommes levés, autant y aller, ya du pain sur la planche aujourd'hui !

S'en suit une approche sous la lune en contournant le lac Saussat en direction du pied de la face du Quayrat qui disparaît tout d'un coup lorsque vers 6h l'astre se couche derrière les Spijeolles pour nous laisser dans le noir jusqu'à l'aube. Le jour nous trouve déjà bien haut dans le cône d'avalanche du fameux couloir et l'ambiance de la face et du cirque s'impose à nous : nous sommes au cœur de la montagne, une masse imposante et complexe dans laquelle il va falloir trouver son chemin. Et de chemin, nous n'en trouvons point d'évident malgré une belle progression et des conditions de neige excellentes. Une succession de couloirs évidents et de traversées nous permet de nous élever dans la face et de mesurer l'ampleur de cette montagne au cœur de laquelle nous progressons. Au sortir d'une belle section raide en neige dure, nous venons buter sur une zone sèche qui nous sépare inexorablement des belles pentes enneigées de sortie loin devant nous. Malgré une tentative de reconnaissance, le terrain semble trop délicat et lointain pour nous permettre de rejoindre la section sommitale.

Il est 10h et au vu des conditions du moment, c'est le temps du repli. En cinq rappels nous nous laissons glisser dans la face, encore pleins de questionnements sur cet itinéraire complexe et de grande ampleur. Nous sommes-nous égarés ? Les conditions (face sèche sur plusieurs sections) ne permettaient-elles pas de suivre cette voie cotée AD dans son intégralité ? Arrivés au pied, nous continuons à scruter le Quayrat sans trouver de réponse. Une seule chose est sure : ce fut un beau voyage d'alpinistes à tous les sens du terme !

Après ce beau voyage, la terrasse du refuge nous attend pour le café. Nous n'échapperons pas à l'orage de fin d'après-midi qui nous cueillera à la voiture aux granges d'Astau.

Olivier

Week-end Alpi - Initiation aux couloirs - 25 et 26 février 2017

Encore une fois, gros succès pour la sortie ski et initiation aux couloirs, avec 22 participants et une météo parfaite.

 

Aux pieds des couloirs, nous hésitons. Une grosse cassure raye le couloir principal à mi-hauteur et toute la partie inférieure est descendue. Nous opterons pour un couloir plus étroit sur sa gauche où nous espérons trouver de meilleures conditions.
Aux pieds de Michel, des ampoules s'éclairent. Lui n'hésite pas et opte pour la redescente sous la garde rapprochée de Loulou.
Nous ne sommes plus que 20. Nous montons le plus haut possible en ski, formons 8 cordées et débouchons au sommet sans encombre dans les traces d'un Laurent au top de sa forme. La descente, raide et plaquée à souhait, permettra à chacun d'exprimer ses talents de descendeur en neige exécrable, ce qui nous vaudra quelques écarts de temps à l'arrivée.
Du coup, le lendemain, la cordée des BGB (Beaux Gosses de la Barousse) préfère déclarer forfait et tourner ses spatules vers le Pic de la Mine.
Nous ne sommes plus que 18. Après une remontée en bordure des pistes du Grau Roig, nous arrivons en vue de notre objectif du jour, le couloir W du Pic Blanc, également nommé "Antibut". Avec un nom pareil, impossible d'en prendre un et c'est sans encombre que les cordées débouchent les unes après les autres en pleine lumière au sommet, malgré un couloir plus raide et plus technique que la veille. Il faut dire que Jean-Luc nous a fait de belles traces, lui !
Descente reposante pour les cuisses par les pistes de la station. Descente agréable d'une bonne bière aux pieds des pistes et descente facile d'Andorre jusqu'à Luchon. 
Bref, des week-ends comme ça, on en redemande !!!
Christian, rédacteur
Photos de Marie ci-dessous

25/02/2017 - Couloir FontNegra (Puymorens)

26/02/2017 -Couloir W du Pic Blanc d'Envalira

EXELSA 12 JUILLET 2015

                             GARENERE 11 JUILLET 2015