La der de l'année : 9 et 10 avril 2017

Objectif : Parc d'Ayguestortes au départ de Caldes de Boí. Refuge estany Llong

La dernière sortie raquettes de cet hiver, un final en apothéose !

 

Dimanche 9 avril : la bande des 9 (notre PG et ses 8 fidèles) se retrouvent à Bossost à 7h45. Direction Caldes de Boí, plus précisément le parking de la Palanca de la Molina où nous avons rv avec le taxi pour monter les 9kms de piste (interdite au public, 10,5€ AR) qui se termine à 1800m au Plan d'Ayguestortes.

 

9h30, la vallée est encore à l'ombre, un petit vent froid. Départ raquettes sur le sac en direction du refugi de l'Estany Llong, piste abandonnée une demi-heure plus tard pour bifurquer à droite vers le lac Dellui. On chausse enfin après le pont sur le ruisseau éponyme. Neige dure, montée à vue dans le bois, passages parfois raides. De temps en temps, un piquet directionnel émerge de l'accumulation de neige. Enfin la sortie du bois ! Le paysage s'ouvre, au loin le col et le pic de Dellui. Effet de l'altitude ? Hypoglycémie ? Délire en ces temps pascaux ? Après avoir fait notre chemin de croix lacustres avec la succession des lacs plus ou moins décelables, certains se laissant trahir par un bord plus sombre, signe de dégel, voilà-t'y pas que notre guide nous intima le silence disant avoir entendu des aboiements !!! Seul le silence se fit entendre. Il était grand temps de faire la pause repas au bord du lac Dellui à 2360m. La montagne est à nous… personne (à part un pseudo chien)… sentiment de plénitude… Collation rapide car notre objectif n'est pas atteint. Jacques et sa trachéite préfèrent rester au bord du lac. A nous le col de Dellui à 2577m et la vue magnifique sur le versant Colomina avec la succession de lacs (Castieso, Cubieso Estany Tort…). Côté sommet, le pic de Dellui à 2882m, le Mariolo à l'arrière et le Subeniux à l'extrême gauche, sommet au pied duquel nous passerons le lendemain.

15h : il faut redescendre, à regret. Les cumulus font leur boulot : ils cumulifient. En face, les pics de Colomers et de Contraix s'obscurcissent. 15h30, premier coup de tonnerre sur la vallée puis un deuxième, puis la foudre non loin de nous, puis la pluie qui nous accompagnera pendant une heure jusqu'au pied de la remontée au refuge de l'Estany Llong (1987m) que nous atteindrons à 17h30.

Le refuge est à moitié rempli. Heureusement car c'est la lutte près de l'âtre pour faire sécher les affaires. Que des Espagnols/Catalans pour faire la traversée en raquettes/crampons ou à ski (ils disent d'ailleurs "esquí de travesía" et non ski de rando). Nous eûmes l'explication des hallucinations auditives de notre PG : le chien connu des gardiens du refuge aurait suivi un isard basculant sur l'autre vallée. 19h : repas bénéfique pour Jacques qui retrouve l'énergie de nous raconter quelques blagounettes. Au lit à 21h30.

Lundi 10 avril. Plus de fièvre pour Jacques qui préfère toutefois nous attendre au refuge. Départ donc à 9h en direction du col des Gavachos par le vallon peu fréquenté des Pêcheurs. Après avoir longé l'Estany Llong, consultations fréquentes de la carte pour trouver la bonne vallée. On la trouvera coincée par les barres rocheuses de l'ensemble du col et pics de Subenuix. Un moment de doute pour longer en contre-haut l'estany Nere aux abords douteux. Remontée de la vallée des Pêcheurs coupée par quelques traces de skieurs faisant la traversée Colomina/Estany Llong via le col des Gavachos à 2667m. Nous mangerons au point côté 2541m, belvédère au-dessus de l'estany Perdut et face aux pics de Subenuix à 2950m. Surprise à cette heure-là de voir arriver 3 skieurs qui, s'étant trompé de vallée pour rejoindre le col des Gavachos, ont été contraints de redescendre puis de remonter via l'estany de la coma d'Amitges et le Perdut. Il était 13h30 et ils étaient encore bien loin du refuge Maria Blanc (Colomina étant fermé).

PG opte pour un retour par le même itinéraire, nous valant des descentes à sensation. 15h30, passage au refuge pour récupérer Jacques en train de buller au soleil. Nous croiserons dans la descente une quinzaine de skieurs venant de Ventosa y Calvell. Le taxi avait été réservé pour 16h ; nous arriverons à 16h20.

Un pot à Barruera pour terminer ce séjour magnifique par la beauté des paysages, la solitude. Hormis les trois skieurs et les abords du refuge, nous n'aurons croisé personne pendant ces deux jours, même pas un chien...

Maïté

Week-end 11 et 12 mars 2017

Objectif : la vallée de Chistau (Gistaín) : Ibón de Plan et Vallée de Viciele

 

La météo s'annonce bonne : on maintient donc le cap vers cette magnifique vallée de Gistaín aux innombrables possibilités de rando. Notre guide Patrick, fin connaisseur du secteur, nous a concocté un programme qui sera apprécié des 9 raquettistes.

 

Samedi 11 mars : Ibón de Plan, lac situé à 1910m, accessible par un sentier depuis le village de Plan ou par une piste de 14kms qui part de Saravillo. C'est cette 2e option qui sera choisie. Après avoir déposé les sacs à l'auberge Pallaruelo de Saravillo (950m), il est 10h quand nous attaquons la piste avec Jacques et Patrick au volant de leur véhicule tout terrain. Progression stoppée vers 1300m pour Jacques par un long passage de neige glacée. Application du plan B : tous dans le véhicule de Patrick qui trouvera lui aussi sa limite neigeuse vers 1400m, à proximité du barranco de Gallinès fort connu des canyonistes pour sa partie inférieure. Bon, on aura gagné 7kms de piste et 400m de dénivelé… et perdu un pare choc !

On remonte la piste, raquettes à la main ou aux pieds, jusqu'au réservoir d'eau où passe le Gr15 qui vient de Saravillo et qui nous mènera au refuge de Labasar à 1930m (où s'arrête la piste, invisible). Une descente vers le barranco de l'Ibón, une traversée en dévers pour rejoindre une clairière et c'est un vaste plateau qui nous mènera aux abords du lac enneigé de l'Ibón à 1913m. Notre solitude sera troublée par des traces profondes d'hominidés hispanico-catalans, tous montés sans raquettes depuis le village de Plan. Il est 13h30, il fait chaud, le site est magnifique avec cette vallée fermée formée par le pic Llosat, la crête d'Armeña, le pic Despouy et la Peña de la Una alias pic d'1H.

15h, il faut s'arracher de ce lieu paradisiaque encore ensoleillé. La remontée vers le refuge se fera dans l'ombre. Une petite incursion dans la vallée de Labasar pour apercevoir les 2375m du pic éponyme (les aiguilles, plus à l'arrière, resteront invisibles). Variante pour retrouver le réservoir en suivant au maximum la neige par des raccourcis et des couloirs, ce qui nous vaudra une démonstration magistrale de culling par Cathy et Denise.

18h30 : retour au réservoir. 3 optent pour rejoindre Saravillo par le Gr (3,7kms et 1h25 annoncé). Les autres joueront aux vispailleurs pour retrouver les boulons du parechoc. Et devinez qui arriva en premier à Saravillo à 19h30 ? Apéro + bon repas cuisiné par Enrique et servi par son frère Javier, rigolade assurée qui nous feront veiller jusqu'à 23h (c'était bien la peine de faire avancer le repas à 20h30 !). La nuit fut musicale (enfin, pour une du groupe…) car étaient fêtées à cent mètres les Femmes de la vallée (les Espagnols font bien les choses, eux, même si l'entrée leur était interdite !) avec musique boum-boum jusqu'à 5h du matin.

 

Dimanche 12 mars. Départ de Saravillo à 8h30. Objectif : vallée de Viciele.

On dépasse San Juan de Plan et 7kms plus loin sur la piste qui mène aux granges de Viados, on gare les véhicules au Plan de Mallo vers 1450m. Raquettes sur le sac, on emprunte la piste qui passe devant les ruines de l'ancien hospital de Gistaín construit en 1350 (difficile d'imaginer que cette ruine ait été un point de passage important de pèlerins, chevaux, échanges de marchandises, fer…).

 

On coupe les lacets qui desservent plusieurs granges et vers 1800m, on peut enfin chausser les raquettes. L'objectif est en vue : remonter la large vallée, sans arbre, aux pentes douces. Dans notre dos, les Posets et les pics d'Eriste se dégagent (on suppose qu'il ne fait pas beau sur la crête frontalière). C'est beau, devant, derrière, partout ! L'air est plus frais aujourd'hui.

 

Midi : pause revitalisante vers 2000m au Plan de Monzarro devant une cabane rénovée (sans nom) pourvue d'un petit enclos. Le groupe continue, passe devant trois abreuvoirs qui attestent de la présence de nombreux troupeaux l'été sur ces estives. Le vallon se rétrécit, le groupe également car le col de Pardinas à 2260m sera rallié par 4 d'entre nous. Du col, vue sur les Paredes de Pineta en face, le col de la Cruz de la Guardia (plus à gauche) emprunté par notre groupe en janvier depuis Sin.

14h : retrouvailles à la cabane, repas rapide car les Posets ont disparu sous un voile gris. Météoblue avait annoncé des averses à partir de 16h, nous recevrons quelques gouttes à 15h30 à deux pas des voitures : timing parfait. 2 belles randos, soleil, on resigne tout de suite !!!

 Maïté

Jeudi 23 février 2017

Objectif : au-dessus de Vilamos, vers le plan d'Uishèra…

Tout avait pourtant bien commencé : les hommages et un baise-main du DJ à DD (Doyen John à Doyenne Denise). Nous étions au max, à 8 dans le véhicule de Patrick, brinquebalés sur la piste qui part de Vilamos en direction du plan d'Uishèra.

Le troisième virage enneigé vers 1500m fut fatal : voiture plantée, l'essieu bloqué par 50cm de neige dure, 2 roues tournant à vide. Réaction, action ! Les pelles qui n'avaient eu jusqu'alors qu'une vie de fond de sac saluèrent cet intermède d'hyper activité.

 

A 9h45, la rando put enfin commencer avec la remontée de la piste jusqu'au plan d'Uishèra à 2000m. Visite de la cabane que nous abandonnerons pour continuer la piste et découvrir la vue sur la vallée de Varrados. Demi-tour et montée sur la crête à 2100m à la recherche d'une aire dégagée pour manger vers 13h. Il fait bon, le soleil ne fera jamais de percée franche mais il aura toujours été présent derrière le voile de brume sableuse et tenace qui nous empêchera de voir la vue panoramique magnifique qui fait le must de cette balade, avec l'Aneto ! Nous ferons notre BA en nourrissant le guide sans kit de survie !

14h15, il est temps de partir ; descente en culling à trois reprises avant de rejoindre la piste.

Bilan : pas de sommet, la neige molle ayant dissuadé d'accéder au pic d'Uishèra à 2340m. Une boisson au café de Vilamos et un retour à 17h30 à Luchon.

Maïté

Photos de Jean-Marie

Dimanche 19 février 2017

Objectif : Restanca et lac del Mar (val d'Aran : piste après le village d'Artiès).

12 participants dont 3 hors LHM. Temps froid et sans un nuage (contrairement aux prévisions météo mitigées du début de semaine).
Départ raquettes aux pieds avant le pont deth Ressec vers 1250m. Montée sur la piste enneigée pendant 4km pour rejoindre le pont de Rius. 
La "vraie" rando commence alors avec la montée dans le bois, à un rythme soutenu, jusqu’au barrage de la Restanca (2000m). Déjeuner au-dessus du lac puis montée au belvédère à 2360m qui domine l’estany del Mar, une des plus belles vues sous un ciel uniformément bleu. A regret, on abandonne ce magnifique spot car il faut songer à redescendre !
Une halte pour prendre un pot au refuge de la Restanca puis trace rapide et quasi toute droite dans une neige superbe. Patrick nous rappelle la technique de descente face à la pente et penché en avant ainsi que celle du "culling", raquettes à plat... plus difficile pour certains.
Au bilan : 1150 mètres de dénivelé, une course superbe, un temps de rêve, une ambiance excellente.
Jean-Michel, rédacteur
Photos de Jean-Marie

Jeudi 26 janvier 2017

Objectif : col de la Cruz de Guardia à 2100m depuis les hauteurs du village de Sin (vallée de Gistain ou Chistau, à gauche après Bielsa).

 

Montée sur la piste fort enneigée au-dessus de Sín/Señes grâce au 4x4 de Patrick Gimat. Départ de 1600m. Personne... Vallon superbe...

Midi : Col de la Cruz de Guardia à 2103m. Températures négatives toute la journée. Du vent au col, on bascule pour manger, rapidement, car Patrick nous propose de faire une boucle pour rejoindre le pont à 3kms en-dessous de Bielsa auquel aboutit la piste d'Abesué. On est d'accord ! On abandonne rapidement le Gr 19.1 pour deux à trois heures d'errance boisée, cap à l'Ouest, succession de montées et descentes. On se perd, on se retrouve, on se perd... On se croyait sauvé en trouvant une cabane (mention "cabane de mineurs-1958" au-dessus de la porte) mais non répertoriée sur les cartes. Une barre rocheuse... Pas le choix, il faut descendre par un couloir finalement moins raide qu'il ne paraissait. On l'abandonne car il rejoint un canyon. A nouveau lent cheminement dans la forêt, toujours cap à l'ouest, pour enfin trouver vers 16h15 la fin (pour nous, le début !) de la piste d'Abesué. Longs kilomètres de piste en zigzag pour arriver à la route vers 17h30.

 

Et ce n'est pas fini ! On est à 3kms de Bielsa, le véhicule est à 20kms. Et c'est parti pour le stop. Patrick vers Salinas où un copain viendra le chercher et le conduire jusqu'au 4x4. Et nous 6... bon pour le stop, par vagues ! Marie-Claude d'abord, Carole et Jean ensuite ds le véhicule d'une française. Pour finir, John, JMarie et Maïté dans un petit 4x4. On se retrouve au premier café de Bielsa, au chaud (il est presque 18h) ; Patrick nous rejoindra vers 19h. Arrivée à Luchon vers 20h45.

 

Bilan : pas loin de 15kms, 1200m de descente pour 600 de montée cumulée. Des paysages sauvages, superbes. Une boucle imprévue... un "désincarneigement" à la pelle(teuse) de la jambe gauche de MClaude... Bref, une journée sportive, inédite (à ne pas mettre dans les pieds de tout le monde !) mais une descente à ne faire qu'une fois, tant le cheminement final sur la piste devient fastidieux !

Rédactrice : Maïté